mardi 13 avril 2010

Don Quichotte

Cette silhouette m’attire depuis longtemps
On la dit pathétique, folle de combats inutiles
Et pourtant elle se véhicule à travers les générations
Toujours là à l’horizon de la crête
Fantôme de moulins qui ont eu leur temps
Quelque part prête à surgir derrière les brumes
De matins éventés par des soirs trop frileux

Enfant, je haussais les épaules
Ce vieux fou ne m’intéressait pas
Et c’est pourtant à mon âme d’enfant
Que murmure le vieil édenté
Contre les gouffres qui s’ouvrent
Et que je ne peux admettre
Sauf vieillir à m’en trahir.

La voix me dit : « le monde est fou
Le transformer est utopique
Mais ne rien faire est dramatique
Fait de tes bois des épées
De tes larmes des rires
Qu’importe si le combat est perdu
Ne pas le faire est se perdre »

Ma voix me dit « c’est à toi de faire la beauté des choses
A toi de devenir chevalier de tes propres combats
Ce n’est qu’en toi qu’est l’alchimie
Qu’en toi qu’est le miroir des lunes »
Et la plainte du vent couvre celle des plaines
En apportant les graines au dessus des déserts
La folie des hommes est leur pire et leur meilleur.

Don Quichotte ne craint ni ridule grotesque
Ni pantin de cours versailleuse
Ni perruque fardée
La foi d’un lui suffit
Et de sa silhouette, l’empreinte
Plus vive que le Feu d’un Général
Marque l’horizon de nos désespérances.

Alors sur un feu de paille, je ris
De veau, de coq, de fleurs jetées au vent
Don quichotte attend moi
Donne moi ton chapeau
A défaut de cheval je prendrais mon élan
Et du bout de l’épée de mes mots
Je fleurirais les fonds des pensées sauvages…Pour que vive le meilleur de nos rêves!…

1 commentaire: