J’ai fouillé la maison de mes grands parents avant qu’elle ne soit mise en vente, rayons livres et vieux cahiers. Je suis tombé sur quelques lettres et coupures d’articles de journaux qui m’ont amené de grenier en grenier, aux archives municipales et à recomposer ce personnage Emilie Lorins qui dû être si particulier et si touchant.
Je vous livre ici quelques extraits de mes trouvailles…
La colère, et le sabre, ô lucrèce ennemie, La mort de tes lépreux couve un drain douloureux
Et, consommant le temps ô jalouse à l'envie, Elle scelle de ses humeurs un breuvage dangereux.
De si grand dévoiement immortelle apathie Ta fétide majesté, ôte mon désir haineux, Vous me paierez pourtant une telle infamie Dans vos tristes manoirs et vos foyers véreux ! "
Même si ta nature faite de vipères t'y aident, Je broierai sans un son ton crâne si obscène Et trouerai ce céans que tu portais si bas
je foulerai le dard planté dans tes œillères, Pouvoir aux chiens donner ton geste et tes abats Que rien de tes ébats ne reste dans ta bières.
J’ai marché sous les branchages qui s’embourgeonnent, les sous-bois d’orties et de noisetiers mêlés, les jeux de lumière qui argentent les feuilles. J’ai pris les chemins buissonniers qui mènent à nulle part, j’ai signé de mes pas les talus enherbés. Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme, Pour en faire rejaillir l’émotion qui m’entaille. Mes yeux voient les détails, les ors, les ombres ciselées Mais nul chant, nul pinceau, nulle note Juste des mots en bouquet dans ma tête.
J’ai marché sous les branchages qui s’embourgeonnent Le printemps a failli naître après tous ces hivers Sous le ciel qui tournoie le balai des pollens Les espoirs se sont métissés aux croyances Et mes mains vides poussent les mirages. Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme, Et mes pas éclaboussent l’émotion qui m’emporte. Mon ouïe entend les parfums des êtres et des choses Mais nul talent d’orateur, nul grade, nulle image Juste des mots en bouquet dans ma tête.
J’ai marché au rythme saccadé d’un rien qu’on abandonne Les diamants sont tombés des gouttes de rosée J’avais si soif pourtant et n’ai pu les ramasser Seul le sang a coulé des épines de l’églantier Et la mare au ciel bleu s’est brouillée. Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme, Et mes larmes mettent en nœud l’émotion qui m’étreint. Ma peau effleure chaque ronce et pétale, chaque angle Mais nulle corne, nul écran, nul artifice Juste des maux en bouquet dans ma tête.
Perdre ses lunettes ce n’est tout de même pas plus grave que de perdre ses chaussettes ; Parce que sans les yeux de l’amour, les pieds sont flous et ne savent où aller. S’ils ne savent où aller, ils s’égarent et là, tout se perd : Le bon sens, les idées, les craies… Les craies c’est important pour tracer sur le sol les marques de la pluie, L’eau coule son savoir dans nos têtes engourdies. Mais si je ne perds pas mes doigts , je pourrai toujours éveiller quelque chose au creux de la buée. Perdre ses pensées, pendant qu’on réchauffe des idées, c’est embêtant mais coutumier. Mais si j’ai perdu le sel, il ne me reste que la mère pour me bercer aux creux des vagues, Et là, je perds dur dans le brouillard de mes manques. Alors que perdre ? Mes clefs peut-être, je passerai par la fenêtre, Celle azurée de mon ciel caché, J’oublierai d’ouvrir mes placards les plus sombres et j’aurais une bonne excuse pour l’école buissonnière, celle où mes pieds sont clairs de mes yeux sans lunettes !
Histoire de deux mains et d'hier. (montre en main ça prend 5 minutes de le lire)
Je prends mon courage à deux mains sans attendre demain, pour te raconter cette histoire de doigts qui s'emmêlent les pinceaux. Je mettrai ma main au feu (répèterai-je en fin de texte) que tu ne la connais pas! Me trompe-je comme disais Elmer. (j'ai des lettres moi madame) Bon, tu ne seras pas forcée d'applaudir des deux mains quand tu verras la « main » de la fin, d'ailleurs je vais te torcher ça en un tour de main. Bon ne t'impatiente pas je mets la main à la pâte, mais pas à la patte car je ne l'ai pas baladeuse, bien qu'elle soit plus prompte à caresser qu'à en venir aux mains, d'ailleurs j'ai la main heureuse de ne jamais avoir la main leste. (Là je fais une pause car tu pourrais te lasser de ces répétitions phalangiques pour te faire un cour d'histoire des expressions : savais tu que "la poudre de perlinpimpin" qui n'a aucun sens en soit retrouve toute sa légitimé quand on sait qu'il s'agit de propos tenus par Lancelot du lac déformés par la vox populi. Celui -ci, en effet, étant toujours enrhumé (à cause de l'humidité du Lac) avait un défaut de prononciation dont peu d'historien font écho (and the bonniment) avait un défaut de prononciation dont peu d'historien font écho (and the bonniment) (la répétition c'est l'écho) Et suite à une rencontre avec Merlin l'enchanteur durant laquelle le magicien lui avait confié un filtre d'amour passé de main en main (de génération en génération Merlinesque plutôt) Lancelot en vain à dire lors d'une soirée autour d'une table plus ou moins ronde : c'est de la moudre (vieux mot disant bien ce qu'il veut dire si on se réfère au café) de Merlin main main. Ce que tout le monde autour de la dite table a pris pour de "la poudre de perlinpimpin"... Revenons à nos moutons qui sans me vanter ont plus de poils sur le dos que moi dans la main. Tout ça pour dire que les mains nous parlent; Tiens, j'ai vu un jour une main venir vers moi glissant sur le comptoir du bar s'approchant de la mienne presque à la toucher repartant doucement, moi m'accrochant à mon verre de viski (ça c'est pour vendre l'histoire aux américains, c'était même pô du viski) c'était dur de rester concentré sur la conversation car même si j'étais sûr de tomber entre de bonnes mains, je n'avais en aucun cas envie de briser cet instant magique où le temps est suspendu à un clou ou à je ne sais quoi. Je ne mettrai pas ma main au feu (disais-je en début de texte) (d'abord parce que je suis douillet), que le clou n'aurait pas déchiré le temps si j'avais bougé le petit doigt mais il y a tant de manière de tendre la main à quelqu'un qu'on peut se frotter les mains rien qu'à l'idée de la richesse des relations humaines pourvu qu'on soit attentif à marcher main dans la main. Bref je me frotte les mains, d'avoir remporté ce pari stupide de faire un texte sur les mains tout ça pour caser mon histoire de Berlin bain bain qui m'a réveillée cette nuit. Je sais je n'y vais pas de main morte et tu me prends la main dans le sac de mon activité en sous main de pourvoyeur de mots inutiles et non monnayables, chose impardonnable dans notre charmant monde où tout doit l'être... Pour ma part je m'en lave les mains...
Tu n’étais pas le plus beau, ni le plus noble mais tu étais assurément le plus fort des chevaliers de notre étrange pays.
Hissé, entre tes râteaux pliés et tes lances nouées, tu n’avais pas si fière allure et je te regardais, tremblante, saisir les chemins les plus tortueux pour partir au combat.
La cadence extravagante des sabots de ta monture te portait devant le monde,
ivre d’idéaux, noir de passions.
Combien d’aurores ai-je vu frissonner quand tu cavalais loin vers des horizons flamboyants de folie et d’absurdité !
Moi, je n’étais ni reine, ni princesse, mais je te laissais le croire.
Et je me laissais croire que tu reviendrais, même si au fond, mes illusions n’étaient jamais aussi puissantes que les tiennes…
J’aurais tant voulu te demander, mon Hidalgo : as-tu eu peur ne serait-ce qu’une seule fois ?
Toi, qui osais braver les arcs scintillants sous les orages célestes.
Contre tous, contre tout, tu t’es jeté dans ces batailles, ton âme voletant après cette liberté que les plus vieux galériens n’osaient rêver.
Tu as brandi ton idéal, comme pavillon magique, et sous les yeux ébahis, tu as délivré les esclaves, avant de t’attaquer aux ailes tournoyantes des monstres dressés sur ta route.
Les sifflements stridents des moulins ne t’ont pas arrêté, je le sais, même si je l’ai espéré parfois…
Les figures évanescentes t’ont salué pour mieux se fondre dans les mirages des grandes plaines blanches et arides.
Puis un soir, tu as refermé tes livres d’aventures, tu n’es pas revenu prés de moi, mais tu t’es endormi, quelque part… Enfin !
Certains jours, quand les cieux retrouvent un peu de la clémence d’antan, on peut apercevoir tes hallucinations qui luisent sur la terre pâle.
Les reliefs irisés de tes rêves dansent encore pour les yeux des plus audacieux.
Tu n’as pu venir à bout du hasard de nos vies, tu n’as pas protégé tous les opprimés de ce monde, mais pour l’éternité, dans chacun des drapeaux fiers de la liberté, se reflète un peu de ta folie.
Cette silhouette m’attire depuis longtemps On la dit pathétique, folle de combats inutiles Et pourtant elle se véhicule à travers les générations Toujours là à l’horizon de la crête Fantôme de moulins qui ont eu leur temps Quelque part prête à surgir derrière les brumes De matins éventés par des soirs trop frileux
Enfant, je haussais les épaules Ce vieux fou ne m’intéressait pas Et c’est pourtant à mon âme d’enfant Que murmure le vieil édenté Contre les gouffres qui s’ouvrent Et que je ne peux admettre Sauf vieillir à m’en trahir.
La voix me dit : « le monde est fou Le transformer est utopique Mais ne rien faire est dramatique Fait de tes bois des épées De tes larmes des rires Qu’importe si le combat est perdu Ne pas le faire est se perdre »
Ma voix me dit « c’est à toi de faire la beauté des choses A toi de devenir chevalier de tes propres combats Ce n’est qu’en toi qu’est l’alchimie Qu’en toi qu’est le miroir des lunes » Et la plainte du vent couvre celle des plaines En apportant les graines au dessus des déserts La folie des hommes est leur pire et leur meilleur.
Don Quichotte ne craint ni ridule grotesque Ni pantin de cours versailleuse Ni perruque fardée La foi d’un lui suffit Et de sa silhouette, l’empreinte Plus vive que le Feu d’un Général Marque l’horizon de nos désespérances.
Alors sur un feu de paille, je ris De veau, de coq, de fleurs jetées au vent Don quichotte attend moi Donne moi ton chapeau A défaut de cheval je prendrais mon élan Et du bout de l’épée de mes mots Je fleurirais les fonds des pensées sauvages…Pour que vive le meilleur de nos rêves!…
Après des semaines de tergiversation (trop froid, trop humide, trop fatigué, trop de rendez-vous etc), ce matin me voici décidé à venir travailler à vélo; ou plutôt à bicyclette. Car moi madame je ne fais pas du vélo mais de la bicyclette ! La nuance n'est pas mince : moi je ne grimpe pas le Tourmalet, je me fous des records de vitesse et de la façon dont je me vêts (d'ailleurs je me vais bien)
(là je fais une pause dans le récit pour dire que je suis un adapte farouche (j'ai hésité à mettre fafourche de vélo mais c'était un peu tiré par les cheveux) je disais donc avant d'être interrompu par moi même, que je suis un farouche (ce qui ne veut pas dire peureux dans ce cas précis) adepte de la parenthèse, et qu'il m'arrive de me perdre dans la fermeture de celle-ci voir d'en laisser certaines ouvertes, (ce qui au fond est plus sain car une parenthèse dans la vie c'est comme une échappé (du tour de France) et je trouve ça triste si une échappée doit être close alors que c'est un appel à la liberté) bref ça y est je suis perdu... Donc à la différence du vélocipédiste plus communément appelé cycliste, moi je suis un promeneur, je fais de la bicyclette avec Paulette sur les chemins, et ça me va bien. Bref je me lève aux aurores, et je mets deux heures à me préparer, remplir les sacoches avec tout ce qu'il ne faut pas oublier pour un tel voyage, le casque les gants, une petite bouteille d'eau une barre de céréales anti coup de pompe (à vélo).etc etc... Donc je pars à la bourre. Au bout de 500m je m'arrête pour voir si je n'ai pas un frein de bloqué...Non! 200m plus loin nouvelle pause pour voir si les pneus sont bien gonflés; Oui ! puis tout les 100m je me retourne pour voir s'il n'y a pas quelqu'un sur le porte-bagage, ou accroché en roller pour se faire trainer, mais non rien rien rien, c'est juste que c'est dur de faire du vélo. Les lignes droites semblent s'allonger au fur et à mesure que je pédale, c'est affreux. En arrivant enfin au passage au dessus de la rocade, je jette un oeil pour me réjouir des bouchons qui justifie mon effort pour ne pas ressembler à ces veaux agglutinés dans leur petite totomobil. Mais là stupeur la circulation est fluide, c'est les vacances... je n'ai même pas cette satisfaction pour me pardonner mon audace. Enfin j'arrive au bord du canal et la miracle je suis transporté ailleurs, le soleil joue entre les platanes, les péniches s'étirent tranquillement hors du temps, des sportifs des vrais, courent, sautent et nagent (heu !!! ) tout autour de moi; Et j'ai l'impression de partir en vacances ! d'un seul coup c'est beau la vie, je me plais à m'imaginer pédalant jusqu'à la mer, j'entends déjà la mer, ça y est j'arrive au port, l'appel du large. Ah ! non ce n'est que le port de Ramonville. Pas grave, la prochaine fois j'y arriverai.
En ce jour de l'an de grâce du 7 avril 2010 est né le blog de l'Atelier du Soleil, à l'initiative de V. membre imminent de cet espace d'écriture libre et poétique. Nous y publierons des billets d'humeur, des textes poétiques, des nouvelles, des miscellanées, des mies c'est l'année...