dimanche 25 avril 2010
Sous les branches
les sous-bois d’orties et de noisetiers mêlés,
les jeux de lumière qui argentent les feuilles.
J’ai pris les chemins buissonniers qui mènent à nulle part,
j’ai signé de mes pas les talus enherbés.
Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme,
Pour en faire rejaillir l’émotion qui m’entaille.
Mes yeux voient les détails, les ors, les ombres ciselées
Mais nul chant, nul pinceau, nulle note
Juste des mots en bouquet dans ma tête.
J’ai marché sous les branchages qui s’embourgeonnent
Le printemps a failli naître après tous ces hivers
Sous le ciel qui tournoie le balai des pollens
Les espoirs se sont métissés aux croyances
Et mes mains vides poussent les mirages.
Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme,
Et mes pas éclaboussent l’émotion qui m’emporte.
Mon ouïe entend les parfums des êtres et des choses
Mais nul talent d’orateur, nul grade, nulle image
Juste des mots en bouquet dans ma tête.
J’ai marché au rythme saccadé d’un rien qu’on abandonne
Les diamants sont tombés des gouttes de rosée
J’avais si soif pourtant et n’ai pu les ramasser
Seul le sang a coulé des épines de l’églantier
Et la mare au ciel bleu s’est brouillée.
Moi je n’ai que les mots pour explorer mon âme,
Et mes larmes mettent en nœud l’émotion qui m’étreint.
Ma peau effleure chaque ronce et pétale, chaque angle
Mais nulle corne, nul écran, nul artifice
Juste des maux en bouquet dans ma tête.
vendredi 23 avril 2010
Que perdre ?
Parce que sans les yeux de l’amour, les pieds sont flous et ne savent où aller.
S’ils ne savent où aller, ils s’égarent et là, tout se perd :
Le bon sens, les idées, les craies…
Les craies c’est important pour tracer sur le sol les marques de la pluie,
L’eau coule son savoir dans nos têtes engourdies.
Mais si je ne perds pas mes doigts , je pourrai toujours éveiller quelque chose au creux de la buée.
Perdre ses pensées, pendant qu’on réchauffe des idées, c’est embêtant mais coutumier.
Mais si j’ai perdu le sel, il ne me reste que la mère pour me bercer aux creux des vagues,
Et là, je perds dur dans le brouillard de mes manques.
Alors que perdre ?
Mes clefs peut-être, je passerai par la fenêtre,
Celle azurée de mon ciel caché,
J’oublierai d’ouvrir mes placards les plus sombres
et j’aurais une bonne excuse pour l’école buissonnière,
celle où mes pieds sont clairs de mes yeux sans lunettes !
jeudi 22 avril 2010
Jeu de mains
Je prends mon courage à deux mains sans attendre demain, pour te raconter cette histoire de doigts qui s'emmêlent les pinceaux.
Je mettrai ma main au feu (répèterai-je en fin de texte) que tu ne la connais pas! Me trompe-je comme disais Elmer. (j'ai des lettres moi madame)
Bon, tu ne seras pas forcée d'applaudir des deux mains quand tu verras la « main » de la fin, d'ailleurs je vais te torcher ça en un tour de main.
Bon ne t'impatiente pas je mets la main à la pâte, mais pas à la patte car je ne
l'ai pas baladeuse, bien qu'elle soit plus prompte à caresser qu'à en venir aux mains, d'ailleurs j'ai la main heureuse de ne jamais avoir la main leste. (Là je fais une pause car tu pourrais te lasser de ces répétitions phalangiques pour te faire un cour d'histoire des expressions : savais tu que "la poudre de perlinpimpin" qui n'a aucun sens en soit retrouve toute sa légitimé quand on sait qu'il s'agit de propos tenus par Lancelot du lac déformés par la vox populi. Celui -ci, en effet, étant toujours enrhumé (à cause de l'humidité du Lac) avait un défaut de prononciation dont peu d'historien font écho (and the bonniment) avait un défaut de prononciation dont peu d'historien font écho (and the bonniment) (la répétition c'est l'écho) Et suite à une rencontre avec Merlin l'enchanteur durant laquelle
le magicien lui avait confié un filtre d'amour passé de main en main (de génération en génération Merlinesque plutôt) Lancelot en vain à dire lors d'une soirée autour d'une table plus ou moins ronde : c'est de la moudre (vieux mot disant bien ce qu'il veut dire si on se réfère au café) de Merlin main main. Ce que tout le monde autour de la dite table a pris pour de "la poudre de perlinpimpin"...
Revenons à nos moutons qui sans me vanter ont plus de poils sur le dos que moi dans la main. Tout ça pour dire que les mains nous parlent; Tiens, j'ai vu un jour une main venir vers moi glissant sur le comptoir du bar s'approchant de la mienne presque à la toucher repartant doucement, moi m'accrochant à mon verre de viski (ça c'est pour vendre l'histoire aux américains, c'était même pô du viski) c'était dur de rester concentré sur la conversation car même si j'étais sûr de tomber entre de bonnes mains, je n'avais en aucun cas envie de briser cet instant magique où le temps est suspendu à un clou ou à je ne sais quoi. Je ne mettrai pas ma main au feu (disais-je en début de texte) (d'abord parce que je suis douillet), que le clou n'aurait pas déchiré le temps si j'avais bougé le petit doigt mais il y a tant de manière de tendre la main à quelqu'un qu'on peut se frotter les mains rien qu'à l'idée de la richesse des relations humaines pourvu qu'on soit attentif à marcher main dans la main.
Bref je me frotte les mains, d'avoir remporté ce pari stupide de faire un texte sur les mains tout ça pour caser mon histoire de Berlin bain bain qui m'a réveillée cette nuit. Je sais je n'y vais pas de main morte et tu me prends la main dans le sac de mon activité en sous main de pourvoyeur de mots inutiles et non monnayables, chose impardonnable dans notre charmant monde où tout doit l'être...
Pour ma part je m'en lave les mains...
vendredi 16 avril 2010
Dans la Mancha...
Dans
Tu n’étais pas le plus beau, ni le plus noble mais tu étais assurément le plus fort des chevaliers de notre étrange pays.
Hissé, entre tes râteaux pliés et tes lances nouées, tu n’avais pas si fière allure et je te regardais, tremblante, saisir les chemins les plus tortueux pour partir au combat.
La cadence extravagante des sabots de ta monture te portait devant le monde,
ivre d’idéaux, noir de passions.
Combien d’aurores ai-je vu frissonner quand tu cavalais loin vers des horizons flamboyants de folie et d’absurdité !
Moi, je n’étais ni reine, ni princesse, mais je te laissais le croire.
Et je me laissais croire que tu reviendrais, même si au fond, mes illusions n’étaient jamais aussi puissantes que les tiennes…
J’aurais tant voulu te demander, mon Hidalgo : as-tu eu peur ne serait-ce qu’une seule fois ?
Toi, qui osais braver les arcs scintillants sous les orages célestes.
Contre tous, contre tout, tu t’es jeté dans ces batailles, ton âme voletant après cette liberté que les plus vieux galériens n’osaient rêver.
Tu as brandi ton idéal, comme pavillon magique, et sous les yeux ébahis, tu as délivré les esclaves, avant de t’attaquer aux ailes tournoyantes des monstres dressés sur ta route.
Les sifflements stridents des moulins ne t’ont pas arrêté, je le sais, même si je l’ai espéré parfois…
Les figures évanescentes t’ont salué pour mieux se fondre dans les mirages des grandes plaines blanches et arides.
Puis un soir, tu as refermé tes livres d’aventures, tu n’es pas revenu prés de moi, mais tu t’es endormi, quelque part… Enfin !
Certains jours, quand les cieux retrouvent un peu de la clémence d’antan, on peut apercevoir tes hallucinations qui luisent sur la terre pâle.
Les reliefs irisés de tes rêves dansent encore pour les yeux des plus audacieux.
Tu n’as pu venir à bout du hasard de nos vies, tu n’as pas protégé tous les opprimés de ce monde, mais pour l’éternité, dans chacun des drapeaux fiers de la liberté, se reflète un peu de ta folie.
mardi 13 avril 2010
Don Quichotte
On la dit pathétique, folle de combats inutiles
Et pourtant elle se véhicule à travers les générations
Toujours là à l’horizon de la crête
Fantôme de moulins qui ont eu leur temps
Quelque part prête à surgir derrière les brumes
De matins éventés par des soirs trop frileux
Enfant, je haussais les épaules
Ce vieux fou ne m’intéressait pas
Et c’est pourtant à mon âme d’enfant
Que murmure le vieil édenté
Contre les gouffres qui s’ouvrent
Et que je ne peux admettre
Sauf vieillir à m’en trahir.
La voix me dit : « le monde est fou
Le transformer est utopique
Mais ne rien faire est dramatique
Fait de tes bois des épées
De tes larmes des rires
Qu’importe si le combat est perdu
Ne pas le faire est se perdre »
Ma voix me dit « c’est à toi de faire la beauté des choses
A toi de devenir chevalier de tes propres combats
Ce n’est qu’en toi qu’est l’alchimie
Qu’en toi qu’est le miroir des lunes »
Et la plainte du vent couvre celle des plaines
En apportant les graines au dessus des déserts
La folie des hommes est leur pire et leur meilleur.
Don Quichotte ne craint ni ridule grotesque
Ni pantin de cours versailleuse
Ni perruque fardée
La foi d’un lui suffit
Et de sa silhouette, l’empreinte
Plus vive que le Feu d’un Général
Marque l’horizon de nos désespérances.
Alors sur un feu de paille, je ris
De veau, de coq, de fleurs jetées au vent
Don quichotte attend moi
Donne moi ton chapeau
A défaut de cheval je prendrais mon élan
Et du bout de l’épée de mes mots
Je fleurirais les fonds des pensées sauvages…Pour que vive le meilleur de nos rêves!…
lundi 12 avril 2010
Cycles
Bref je me lève aux aurores, et je mets deux heures à me préparer, remplir les sacoches avec tout ce qu'il ne faut pas oublier pour un tel voyage, le casque les gants, une petite bouteille d'eau une barre de céréales anti coup de pompe (à vélo).etc etc... Donc je pars à la bourre. Au bout de 500m je m'arrête pour voir si je n'ai pas un frein de bloqué...Non! 200m plus loin nouvelle pause pour voir si les pneus sont bien gonflés; Oui ! puis tout les 100m je me retourne pour voir s'il n'y a pas quelqu'un sur le porte-bagage, ou accroché en roller pour se faire trainer, mais non rien rien rien, c'est juste que c'est dur de faire du vélo.
Les lignes droites semblent s'allonger au fur et à mesure que je pédale, c'est affreux. En arrivant enfin au passage au dessus de la rocade, je jette un oeil pour me réjouir des bouchons qui justifie mon effort pour ne pas ressembler à ces veaux agglutinés dans leur petite totomobil. Mais là stupeur la circulation est fluide, c'est les vacances... je n'ai même pas cette satisfaction pour me pardonner mon audace.
Enfin j'arrive au bord du canal et la miracle je suis transporté ailleurs, le soleil joue entre les platanes, les péniches s'étirent tranquillement hors du temps, des sportifs des vrais, courent, sautent et nagent (heu !!! ) tout autour de moi; Et j'ai l'impression de partir en vacances ! d'un seul coup c'est beau la vie, je me plais à m'imaginer pédalant jusqu'à la mer, j'entends déjà la mer, ça y est j'arrive au port, l'appel du large. Ah ! non ce n'est que le port de Ramonville. Pas grave, la prochaine fois j'y arriverai.

